Carnet de témoignages "Tranches de vie Flo"

Quelques extraits de témoignages...

J’ai beaucoup de souvenirs qui me reviennent, trop pour être tous écrits.

Je ne connaissais rien de la montagne et ma première ascension fut "La Belle Étoile" ! Ce n’était rien après toutes les belles sorties que nous avons pu faire. Le départ vers 6 heures du matin avec toutes les recommandations d’usage. Jany était le guide. Un jour en Sambuy, un temps pourtant pas menaçant. Mais vers le sommet des nuages nous ont environnés. Pas vraiment la panique mais des ordres : "Donnez-vous la main. Ne bougez pas !"... Germaine BILLARD

Je me souviens qu’un caillou avait été décroché par la cordée au-dessus de nous. Elle avait crié "Caillou ! Caillou !". Voyant le caillou arriver sur nous, je me jetais dessus pour l’arrêter… Bernard GALLUCHON

Les moniteurs nous avaient accordé leur confiance et c’est nous, les colons, qui avions organisé et préparé ce tour du Mont-Blanc : repérage à l’aide de cartes des différentes étapes du parcours et des lieux de bivouac. Intendance, avec la liste des denrées et du matériel nécessaires. Préparation des sacs, en n’oubliant pas l’essentiel et en éliminant le superflu : quand on a déjà dans son sac une tente (de l’époque bien sûr, pas une Quechua de 3Kg !), un sac de couchage et 5 boîtes de conserve, on hésite à s’encombrer ! Benoît SERAIN

Un Alpenstock nous aidait à la marche en dénivelé, et sur la glace. La tenue, constituée d'une culotte courte bleue marine, une chemise bleue claire à manches courtes, un foulard vert retenu au cou par un anneau de cuir tressé. Des chaussures montantes tenues par laçage, desquelles dépassaient des chaussettes en laine bleue. Un imper était roulé sur le rucksack… Charles MEUNIER

Au camp de Pâques 1966, effectuant mon apprentissage de ski avec une paire de bottines (qui s'avéra plus tard non adaptée) je me foulais la cheville le 2ème jour ! Hervé Ligny me l'emprunta alors et la même mésaventure lui arriva ! Didier CHATTELEYN

Ma lampe frontale éclaire les pas du grimpeur qui me précède.

La trace est suffisamment profonde, en cette fin de saison, pour qu'il soit nécessaire de s'en servir. Mais, la lumière projetée sur la neige exhale un tel parfum de magie que l'on ne saurait y renoncer.

Suivre. Suivre et retrouver ses repères… Jean-Pierre PAQUET

Les montagnes environnantes nous aidaient beaucoup à retrouver une multitude de symboles existentiels. Nous qui venions de connaître la guerre et ses dangers, nous étions heureux de nous lancer à l'assaut des principaux sommets du massif des Bauges. De préférence, nous y ouvrions de nouvelles voies, ce qui arrivait souvent les premières années, où faute de voitures, nous étions cloués sur place. Henri BELLANGER

J’ai été très étonné par la manière dont les Français se souvenaient de l’histoire passée : à toutes les dates significatives, il y avait les cérémonies aux monuments pour rappeler des guerres que nous n’avions pas vécues, l‘énumération des noms "mort pour la France" - nous, nous ne disions jamais "mort pour l’Allemagne", en tout cas pas pour cette Allemagne-là ! Rainer BOHN

Et je revois encore aujourd’hui les crochets de bouchers où les tortionnaires suppliciaient les condamnés, des tas de chaussures, une lampe faite en peau humaine, les fours crématoires aux portes outr’ouvertes laissant voir des corps calcinés, les baraques et les châlits en bois, les miradors et les barbelés… La guerre, la mort faisaient déjà partie de ma vie. Philippe JOUBERT

À partir de Laroche-Migennes la "Feld-gendarmerie" arpentait les couloirs et jetait un coup d'œil dans les compartiments faiblement éclairés. Aux arrêts dans les gares pour faire de "l'eau", des sentinelles armées se tenaient le long du quai. Long arrêt à la ligne de démarcation avec contrôle minutieux des compartiments… Germain VINCENT

Le train arrive, je monte dans le wagon réservé et qu’elle n'est pas ma surprise de me rendre compte que le directeur de cette saison, la saison de la paix, n'est autre que mon professeur de mathématiques que j'avais eu durant toute cette année d'internat ! Denis CLERIN

L'après-midi, tous réunis sur le pré, nous écoutons un responsable de la S.H.R. nous répartir en cordées : Belle Étoile, Sambuy, Belledonne, Grand Som, Buet, Réchasse et Tournette. Je suis Grand Som.

Après, répartition dans les dortoirs, nous allons remplir nos paillasses de paille ? De foin ?... Dans la grange qui deviendra les douches communes... Jean-Claude BERRY

Gris chagrin quand une chèvetaine (sic) me donna une enveloppe de paillasse et me conduisit à la grange... La fatigue d'une nuit pratiquement blanche pour elle comme pour moi et sans doute parce que je n'arrivais pas à remplir ma paillasse, firent qu'elle s'énerva et que j'éclatais en sanglots, mais tout finit par rentrer dans l'ordre. Germain VINCENT

Le lendemain de notre arrivée, grande réunion dans la chambre du meunier, qui allait retrouver une nouvelle vie ! Avec quelques vieilles portes d’armoires et des tréteaux, les chantiers sont mis en œuvre et mis à la disposition des "amateurs" d’aéromodélisme. C’était formidable à voir : une véritable usine en activité, mais pas un travail à la chaine, un travail dans la joie ! Jean-Paul MISSUD

Notre quotidien était marqué par la toilette aux lavabos, ou dans le ruisseau à l'eau claire, l'habillage, le lit au carré, le petit déjeuner dans des assiettes à soupe, les corvées de pluche, de vaisselle, de bois. Charles MEUNIER

L'eau ne coulait pas des robinets mais d'un tuyau de métal juste devant l'entrée de la maison puis s'écoulait dans le torrent menant à l'étang. Elle était glacée et avait un désagréable goût de pierre. Froid ? Moi ? Jamais ! Nous connaissions bien la fraîcheur de cette eau puisque nous y faisions souvent notre toilette en nous glissant dans un tonneau plein d’eau à ras bord ! À Tamié, pas de puits, ni de mares, mais un étang juste en face du Chalet, derrière la maison du Père Baromètre, entouré par des grands arbres, disparus depuis. Philippe JOUBERT

Interdit de séjour en Haute-Savoie, il s'installa en Savoie à proximité de la "frontière" aux environs de 1910-1914 au Pruth, lieu-dit d'une maison aujourd'hui rasée, située derrière la maison de "Dar El Toubib" sur la route de Faverges, à mi-chemin entre la Cassine et le Moulin. Quand la maison des Pruth fut transformée en auberge à l'enseigne du "Petit Bon Dieu", il s'installa dans les années 1920-30 dans une petite cabane en pierre en face de Ste Humbeline, de l'autre côté de la route. Denis CLERIN

Mon oncle n'avait fait qu'un seul séjour en 1926, mon père en 1927. Le premier était "caporal" dans la 1ère section ; le second, "sergent" dans la deuxième section. Je ne sais toujours pas d'où venait cette terminologie. À mon premier retour à Sens, il paraît que mon hygiène corporelle et vestimentaire laissait à désirer. Je n'en avais cure et répondis à ma mère, avant même de l'embrasser : "j'y retourne l'année prochaine" !

Des souvenirs et des émotions plein la tête, malgré la trépanation qu'une cheftaine avait tenté de faire à mon "chef", à l'aide d'une sacrée cuillère de bois et au cours d'une mémorable chasse au dahu "autorisée" à Ste Humbeline. Jean-Louis BAILLY-SALIN

Un scientifique fou veut prouver au monde entier l’existence bien réelle du Dahu (il roderait même dans les parages du val de Tamié...), un touriste japonais se perd au pied de la Belle Étoile, un colonel prépare ses troupes pour "partir à la chasse", un protecteur de la nature, qui ne ferait pas de mal à une mouche, commence à manifester et un maire de village essaie de calmer le jeu, complètement dépassé par les évènements... Érik LEROUGE, Hugo PELLISSIER et David SEIGNOBOS

Nos cheftaines prenaient des sacs non transparents pour mettre à l'intérieur les Dahus lors de notre partie de chasse, Dahus que nous trouvions au fond des trous du mur de l'abbaye et elles agitaient religieusement ces sacs pour nous faire croire à la bonne vie de nos dahus ! René-Claude BELISSENT

Dès que les enfants se réveillaient, il fallait qu’ils puissent être dans le thème à fond !

Les repas, la musique, la veillée, étaient organisés pour que l’ambiance "Far West" soit présente toute la journée ! Marie JOSEPH-NAUD

À 23h33, Anna (une mono) a vu s'approcher un ours et elle l'a crié aux monos qui étaient dehors. Alors ils sont rentrés à fond dans le chalet ; les ours toquaient ou plutôt grattaient aux portes qui ne fermaient pas, les monos les ont coincé en s’appuyant dessus (les boules, les ours grognaient...) et tout le monde est monté au 1er étage… Mathilde BELISSENT

Les espaces collectifs sont aménagés de façon à être source d‘échanges et de communication : le coin "salle à manger", par son unique table, permet à chaque vacancier de s’installer où bon lui semble et d’être entouré de plusieurs personnes différentes à chaque repas, et ainsi favorise le lien au sein du groupe ; le "coin détente", autour d’une table ronde, est souvent convoité par les personnes désirant être au calme et se reposer à tous moments de la journée ; enfin, le "coin activité" est un espace ouvert et accessible à tous ! Gaëlle CRETIN-MAITENAZ

Découvrir l'histoire de l'abbé Ferrand et de la colonie des Florimontains a donné une autre dimension à mon regard sur les Flos. Voir comment cette association s'est développée en partant de rien. Voir comment les valeurs Flos ont perduré, malgré les épreuves de l'histoire et les mutations intérieures (2nde guerre mondiale, passage à la colonie laïque, 1968...). Kévin ABOUNA-MACCOW

Je suis persuadé que ce séjour m'a ouvert les portes de beaucoup de choses comme le souhait de participer à la vie associative qui m'a tenu pendant 40 ans, l'amour de la montagne que j'ai pratiquée en randos, en escalades et toujours en Amitié ! Maurice BONNOT

 

Retrouvez l'intégralité de ces témoignages dans l'ouvrage "TRANCHES DE VIE FLO".

Un grand merci à toutes celles et tout ceux qui ont contribué à la réalisation de ce carnet en nous envoyant témoignages, anecdotes, illustrations,...